Lundi, 8h45, je mets mes chaussures pour aller bosser, je me retrouve assise sur mon lit, devant mon graaaand miroir, et alors que je me regarde machinalement grimacer pour mettre le pied dans ma chaussure, j’ai cette soudaine réalisation : ma grande, t’as 30 ans, pas de crédit, pas de gamin, pas de mec… T’es libre. Pourquoi là, maintenant, à ce moment précis ? Who knows, who cares…
Et si ça me donne pas les « réponses » (mais à quelles questions ??), ça fait quand même du bien de se le rappeler.

Mercredi, 17h. Je sors en avance d’une réunion chez un client que je pensais durer jusqu’à 18h au moins. J’ai deux possibilités devant moi :
– aller bosser et rattraper le retard que ma non-motivation accumule depuis 3 semaines, que ce soit de chez moi ou de mon bureau, ou bien,
– retourner vers mon bureau, bosser un peu (donc), et aller à mon cours de français que je pensais rater.

Je choisis la troisième solution : regarder mes emails depuis mon portable, faire un vieux transfert à l’équipe sans « coucou » ni « bisou » d’un email urgent où j’étais la seule destinataire, éteindre mon téléphone, et aller voir Wild au cinéma.
Je ne saurais vous dire si c’est la douceur de la transgression, le sucre des popcorns, où des paysages que je n’aurai jamais la force d’aller chercher (j’veux dire, la nana elle a quand même fait le sentier de randonné le plus long et le plus sauvage d’Amérique… Qui me connait un peu sait que c’est pas forcément pour moi), mais pour la première fois depuis quelques semaines, planquée dans cette salle avec la certitude que rien ne pourrait bouleverser ce moment, j’ai eu l’impression de respirer.

Jeudi, 23h30. De retour d’une chouette soirée à parler voyages, tout est possible, Banksy et broderies, il neige sur Paris. Je descends la rue Caulaincourt et bifurque vers le cimetière de Montmartre. Pas très loin de la tombe de Dalida, je freine mon pas de parisienne et lève les yeux vers les réverbères. Je marque un temps d’arrêt. Oui, parfois, quand la pluie revêt ses habits de princesse, je la trouve jolie, et je la laisse tomber sur le bout de mon nez avec le plaisir de la sentir atterrir dans sa douce froideur.
Et laisser le temps à la petite neige de Paris de tomber, c’est sacrément freiner la cadence de sa démarche.

A quelques heures du dernier jour de janvier, date limite de consommation pour les voeux 2015, ma boite aux lettres était pleine de 3 enveloppes, dont seulement une était ma facture EDF. 2 cartes de la famille, 2 cartes en plus de celles déjà reçues. Une bonne moisson cette année.
L’une d’elle signait « Une chose dont il ne faut pas douter, c’est la famille ».
I second that…
Surtout quand le lendemain c’est la famille de coeur qui vient frapper à ma porte, enrubannée d’un papier cadeau en guise de « Je pense à toi ».

Il suffit peut être de prendre le temps d’entendre et voir les gens qui vous aiment et vous soutiennent pour faire taire les bruits parasites qui mettent en doutes.

xxx

PS: oui j’écris des textes en mode grande introspection en ce moment. C’est relou nan?

PS bis : parce que vraiment ça m’amuse, les mots clés du jour sont Wild, Banksy, Dalida et Caulaincourt. Suis une buse en référencement Google…