Chers aventuriers du quotidien, si un texte doit prouver que je suis jo-bar, c’est bien celui-là !

Je ne vais pas te mentir d’un léger (et inintéressant) j’ai repris le sport. Ça serait faux. Reprendre signifierait que j’ai, par le passé, fait montre d’une assiduité certaine vis à vis d’une activité physique quelconque. Ce n’est pas complètement à côté de la plaque, mais j’estime que quand celle-ci a plus de 15 ans (voire même 16 ou 17), il y a prescription. Aussi championne de France que j’aie pu être à une époque (et BAM ! je l’ai placé).
Histoire de finir de poser le contexte entre toi et moi, sache que je finalise ce post depuis une chaise longue en me faisant dorer la pilule lors de vacances ensoleillées (d’où provient la photo d’illustration qui n’a, sinon, rien à voir), non sans m’être plainte à mes camarades de chambrée hier d’une éventuelle élongation à l’aine suite à une quinte de toux particulièrement sauvage.
Si, je te jure, c’est possible.

Quoi qu’il en soit j’ai donc PRIS le sport. Je l’ai même pris À-BRAS-LE-CORPS. J’ai EMBRASSÉ le sport !

Tout a commencé innocemment alors que je me lamentais, sur un canapé ami. 5 mois à bosser de chez moi, une dose de stress un peu élevée pour l’angoissée que je suis, j’avais en moi une envie de « taper dans un truc » (idéalement un sac ou un objet non vivant, mais sur un malentendu…), me défouler, extérioriser. Nous en étions à parler boxe, moyens financiers limités et autres besoins de faire accélérer mon rythme cardiaque. C’est à ce moment que l’un des propriétaires du dit canapé, sur lequel je m’affalais toujours en geignant, s’est joint à la conversation : « ah mais il y a une salle de sport qui a ouvert et propose des tarifs heures creuses (a.k.a. tarifs chômeurs, voire freelance, a.k.a. bibi), tu devrais te renseigner je crois que c’est intéressant ».
Outre ce premier argument de poids, il s’avère qu’une de ces salles a élu domicile à 200 mètres de chez moi. Autre argument d’importance.
Quelques heures plus tard je prenais les premières informations sur Internet avant, le lundi suivant, de me rendre directement en salle.

Rapidement je trouvais les réponses à mes questions quant à ses tarifs, ses cours collectifs, ses options et autres horaires auprès du gentil gens de l’accueil. J’en profitais aussi pour m’assurer d’un point en particulier :
« et donc sinon, au niveau de la population…
– aucun souci, vous ne vous ferez pas embêter ! m’a répondu le gentil gens qui voyait exactement où je voulais en venir. Non globalement je sais qu’il y a des clubs où il y a des soucis mais ici je n’ai jamais eu de plaintes de qui que ce soit. Vous verrez, en règle général l’espace musculation est surtout utilisé par les hommes et les femmes vont plus sur les machines de musculation qui sont dans l’espace cardio à l’étage. En revanche ce n’est pas exclusif…
– Oui c’est juste que ça se fait naturellement comme ça
– Voilà. Je précise parce que j’ai du gérer une crise ce weekend car un homme était sur les machines en haut. »
(Comment ? Quoi ? Un homme sur une machine en haut ?)

Reprenons donc : certes, ce monde est débile (à croire qu’il faut revenir sur l’évolution des classes mixtes), mais a priori la population de sportifs de mon neuvième d’amour / bobo à souhait, en tous cas dans ce club, devrait être à même de m’accueillir.
Histoire de m’engager vis à vis de moi-même face à ma trouille, j’ai annoncé bien haut et bien fort revenir deux jours plus tard pour faire ma séance d’essai au gentil gens de l’accueil qui s’en fichait assez royalement. J’étais partie pour 36 heures de stress.

Mais pourquoi ce stress voyons ?

Et bien pour deux raisons :

  1. Déjà faire du sport, pour une nana essoufflée après 2 étages d’escalier (et se planquant aisément derrière l’excuse pourrie « non mais tu comprends pas, j’ai de l’asthme MOI ! »), c’est relativement taré. J’ai la certitude que, quand on part de si bas, même les médecins diraient qu’il est préférable de ne rien faire.
  2. Ensuite passer cette porte, en tenue de sport, me montrer face à des inconnus, face à l’inconnu tout court, sans maquillage, sans artifice, juste mon pantalon de Yoga acheté en 2009 (et utilisé peut être 20 fois depuis) et les teeshirts que je ne mets qu’en-dessous de mes pulls en hiver, aux pieds mes Rebooks noires (elles aussi de 2009, décidément j’étais pleine de bonne résolutions cette année là), bref me soumettre aux regards d’autrui dans un environnement dont je ne maitrise pas les codes… THE Lisette angoisse par excellence.

36 heures plus tard, donc, je passais les portes de mon club et m’inscrivais pour ma séance d’essai. Histoire de me chauffer j’ai couru, un peu, sur un tapis. Mais surtout j’ai fait du Body Attack. Et j’ai cru perdre à jamais mon sens du rythme cardiaque, le seul qui me reste, et pour tout dire, à choisir, le seul sens du rythme que je tiens à conserver.
Le Body Attack, me concernant, consiste à regarder (et essayer de suivre) une nana dans un mini short envoyer du gros lourd dans le cardio pendant 45 minutes, le tout en expliquant les exercices simultanément, se synchronisant avec une dance des 90’s sous emphèt où les boom boom de Corona sont encore trop lents pour les « moment de repos ».
Durant le Body Attack on court, on saute, on squat, on lève les bras, on avance, on recul, on va à droite, à gauche, on lève les genoux, on descend en planche avant de remonter les genoux à la poitrine et de sauter vers le haut, bref, on en chie sa reum en mini short et on s’éponge deux (ou trois) fois sur sa petite serviette permettant, par ailleurs, de s’allonger (trempée de soi) sur un tapis pour ne pas oublier de terminer par… une séance d’abdos.
C’était tout ce dont j’avais besoin.

C’était perfection.

Histoire de m’engager vis à vis de moi-même face à ma capacité de procrastination, j’ai décidé de procéder à mon inscription dans la foulée. Me voilà donc affublée d’une carte de membre où je suis rougeaude et transpirante. Mais une carte de membre que j’utilise au moins deux fois par semaine (depuis 3 semaines, on ne s’emballe pas trop non plus) : Body Attack, Body Balance, Body Combat, un peu de course, vélo et autres engins placés stratégiquement devant une TV diffusant Gossip Girl… Je louche aussi sur un cours de stretching histoire de retrouver ce temps d’avant où je levais ma jambe à hauteur de mon oreille (championne de France, tout ça… BAM – replacé!).
Trois semaines plus tard je ne vais pas te sortir l’insupportable bullshit des joggers du dimanche « quand je ne vais pas au sport, je me sens tellement mal ». Non, ça serait débile car depuis trois semaines j’ai des courbatures aux abdos (un muscle a priori complètement sous utilisé chez moi) et quelques faiblesses au niveau des cuisses en sortant de la douche salvatrice. En revanche ça me fait du bien.
De plein de façon.
L’une d’elle étant d’avoir réussi vaillamment la sortie hasardeuse de ma zone de confort. Rapidement j’ai bien vu que tout le monde s’en fichait (un peu) de ma petite personne, de ma tenue, de mes (in)capacités ou autres lacunes. Rapidement j’ai compris que le staff est hyper gentil et les coachs bien péchus. Rapidement je me suis souvenue que c’est souvent en faisant les choses les moins attendus que se crée le plus intéressant.

En d’autre terme #LisetteFaitDuSport. Et si on ne sait pas trop combien de temps ça va durer, ça valait bien d’être raconté !

Alors, toi, dis moi, tu as le rythm of the night? (oh yeah!)