Chers aventuriers du quotidien, aujourd’hui je vais te parler « tenue de réveillon ».

Afin de poser des bases sincères entre nous, je n’ai pas un amour infini pour les festivités du 31 décembre. Ce côté « 3, 2, 1, bisous, youhou et la santé bien-sûr »… Bon.
Cela-dit quand les copains proposent qu’on se retrouve avec la certitude ne n’embrasser à l’instant I que de gens qui comptent et à qui je peux souhaiter sincèrement le meilleur, d’un coup la fleur-bleue kiffant les symboles qui sommeille en moi est très motivée.

Par ailleurs, c’est quand même le réveillon, et j’avoue que la parisienne sur talon de 12 recroquevillée dans un coin de ma vie-de-meuf-qui-bosse-de-chez-elle me crie, que dis-je : me supplie, de sortir de mon uniforme pull-chouette / pantalon-Roots / chaussons-étoiles depuis plusieurs jours maintenant. (On est plusieurs dans ma tête). Elle ne se retrouve plus dans le miroir et à peur de se perdre dans les méandres du confort.

Si ça ne tenait qu’à moi on se contenterait de se faire belles et beaux et on mangerait du pain trempé dans du caviar d’Aubergines, le tout arrosé de Champagne. Mais certaines idées se sont illuminées en proposant un repas assis en mode pintade et fagots d’haricots verts (ceci n’est pas une métaphore pour les convives). Je me suis déjà proclamée partisane du moindre effort : je me contenterai d’apporter des bouteilles…
Dans ma tenue de Gala (Hips!).

Quelques règles s’imposent donc car il faut prendre les choses dans l’ordre, sinon c’est le bordel :

Le bain.

Ce matin j’ai sacrifié au rituel du grand nettoyage en diluant ma vie d’ermite de ces derniers jours dans un bain bien chaud en regardant Mary Poppins. Il n’y a pas de petits plaisirs. J’ai même lavé mes cheveux qui depuis séchottent dans une tentative d’ondulations au potentiel désastreux. La raideur de mon héritage génétique trouvant son paroxysme dans ma blondeur capillaire, la durée de vie de mes ondulations ou boucles potentielles est d’environ 2 heures. Mais c’est fête, je tente.

La manucure.

Au moment où je tapote du clavier, mes ongles sont en train de sécher, et un faux mouvement vient d’éparpiller mes quelques 45 vernis sur le parquet de mon Palace. Vu que dans 5 minutes je vais devoir aller retourner le 33 tours qui tourne derrière moi, autant dire que je souffle sur le bout de mes doigts telle une arrière arrière grand-mère célébrant son grand âge (je suis asthmatique) en voulant éteindre d’un coup d’un seul ses 99 bougies. Heureusement je n’ai que 10 doigts, sur lesquelles « cerise nacrée » est venue se (p)laquer.

La tenue.

Je l’ai en tête depuis un petit moment. En tout cas sa combinaison, car il s’agit d’un assemblage de 2 pièces de la collection WearLemonade. Et je ne peux pas ne pas en parler car la jupe m’a value d’être au moins 3 fois arrêtée dans la rue et la blouse sait faire son petit effet. L’une va très bien avec l’autre mais pour une occasion c’est quand même mieux que pour aller à la biocoop / boulangerie (mes sorties) où l’une se libère allégrement de l’autre. Des étoiles, du tulle, des pois, du noir, du blanc, de la soie légère et un col Claudine faussement sage sur une transparence faussement surprenante (ah bon, on aperçoit ma lingerie ?) : #suckit2015, #hello2016.

Les accessoires.

Il y aura le noir sur mes yeux, les bijoux si appréciés par les mini-nièces qui adorent me piquer bagues et bracelets dont chacun porte un sens, le téléphone a l’écran explosé et planqué pas trop loin pour faire signe le moment venu à ceux qui ne sont pas là mais sans qui je ne me vois pas démarrer 2016. Les accessoires sont essentiels, c’est Christina qui le dit.

Le reste.

C’est les copains, ceux qui sont là. A peu près les mêmes qu’il y a 365 jours. Pourtant il s’en est passé depuis. À croire que l’essentiel reste (justement).
En 2015 je voulais tout péter. Mission accomplie : les doigts dans le nez et les bras levés (essaye : c’est pas facile).
En 2016 il s’agit de construire un peu, sans perdre le souffle, sans se boucher l’horizon, sans s’astreindre de nouveaux boulets, en regardant les étoiles et en visant un peu plus haut, en n’oubliant jamais de renouveler l’inspiration.

Si je tremble un peu sous ma blouse de soie ce soir en criant Bonne Année ! (j’ai toujours la voix en vrac) c’est peut être parce que je ne suis pas assez couverte (le cul à l’air : un choix de vie), ou peut être aussi parce que j’appréhende autant que j’en ai envie ce qui se dessine depuis quelques semaines. On me souffle dans l’oreillette qu’il faut que j’arrête d’avoir peur, alors,

3, 2, 1 : …

xxx