Ce midi, alors que j’avais mon pain de la boulangerie bio dans la main droite et que je faisais la queue en attendant mon grec, pain galette, sauce blanche, salade / tomate / oignon, sans frite, je me suis dit que j’avais un rapport à la bouffe peut être assez personnel.

Déjà, ce n’est pas la première fois que ça m’arrive : quand je ne suis pas très bien, j’ai envie d’un Kebab. On ne parle pas de « pas très bien » dans la tête, non non. Plutôt genre lendemain de cuite ou, comme c’est le cas aujourd’hui, lendemain d’une nuit pourrie à maudire ce que j’avais pu manger la veille au soir. La gerbe* quoi (glamour du jour bonjour !).

Va comprendre Charles. N’empêche que le doc m’a dit un jour : « quand vous n’êtes pas bien, mangez avant tout ce qui vous fait envie ». C’est vous l’doc, doc ! Suis pas contrariante.

Et puis il y a le reste…

Si je vais régulièrement au macdo, je fais aussi mes courses a la biocoop et consomme des produits de saison (la tomate du Kebab ne compte pas).
Quand j’ai la tête qui vrille et les idées obscurcies, je ne peux rien avaler. Quand j’ai la dalle, c’est que j’ai globalement la forme.
Je mange rarement à heures fixes (un peu plus quand je suis avec des gens).
Je suis incapable de prévoir la liste de ce que je vais manger à l’avance : une chance sur deux pour que je n’en n’ai plus envie au moment M ou que l’on propose un contre-plan à mon gratin de pâtes, laissant les aliments se perdre dans mon frigo. Je déteste gâcher et trouve un sentiment chelou de satisfaction quand mon frigo est vide : c’est que je ne suis obligée de rien, aucune date de péremption à respecter, tout est à inventer (où comment je traduis sur mon frigo mon esprit libre et les cheveux au vent…)

Il était 13h30 quand je suis allée chercher mon grec, alors forcément c’était heure de pointe, et j’ai eu le temps de penser à plein de trucs métaphysiques comme ça. Et je partage ! (non, de rien)

Un dernier point dont je souhaitais m’entretenir avec vous (on est formel ou on ne l’est pas). Ce weekend, j’ai appris que peut être (toujours pas très sure que ce soit vrai), ce n’est pas français de dire « t’en veux d’autres ? », à table notamment, quand il ne s’agit pas de parler de quelque chose de dénombrable.

Par exemple :
– des cacahuètes sur la table : « T’en veux d’autres » = OK
– de l’eau dans le verre : « T’en veux d’autre ? » = KO
Sérieusement ??

Parce que c’est tout un pan de mon existence qui est remis en question ici. Il suffit d’une table basse et d’un apéro parfois pour lancer de grandes discussions d’ordre fondamental.

xxx

* Ce mot, je l’aime bien, parce que quand j’étais à Sydney, je bossais dans une boulangerie qui s’appelait « La Gerbe d’Or ». On nous demandait souvent ce que ça voulait dire, et on avait, sur un bout de papier, noté la traduction « the golden sheaf of wheat » (10 ans plus tard je m’en souviens encore alors que je ne l’ai plus jamais employée). Pour la blague, entre nous, c’était « golden vomit ». Et ça me fait toujours rigoler…