Déjà, je revenais de Pantin. Tu vas me dire : « qu’est ce que tu faisais à Pantin ? ». Et bah je préparais mon avenir figure toi. Comme c’est un sujet qui m’est un peu sensible, on ne va pas s’étendre pour le moment, mais sache que je suis d’humeur « à fleur de peau » ces derniers temps. Alors c’est sûrement pour ça.

Parce que tu vois, quand je me suis posée la question de descendre à Jaurès ou à Stalingrad pour faire mon changement 5 – 2, j’me suis dit que j’aimais pas Stalingrad, alors tant qu’à faire j’allais me taper les couloirs de Jaurès. C’est là qu’on s’est croisé. J’avais mon ipod sur les oreilles. Mon sac rouge en cuir que j’aime j’aime. Mes Veja roses qui m’ont réconciliée avec les baskets (parce que sérieux les runnings c’est moche). Ma tunique pas bien longue. Mon hoody Venice Beach. Et des collants gris. Bref l’uniforme du moment, la tenue facile qui va bien avec mes humeurs occupées et s’accorde à ma non coiffure (gros besoin d’aller faire un truc sur la coupe là).

En d’autres termes je ne ressemble pas à grand chose en ce moment.

Tu vois, là déjà, tu commences à comprendre que j’étais pas prête pour la rencontre, pas prête pour te sentir adapter ton allure à la mienne quand tu t’es positionné à ma gauche, mais juste un peu en retrait.  Quand ensuite j’ai accéléré le pas et que je sentais ton ombre, j’ai pas kiffé. Et très honnêtement, je pense que tu ne me voulais pas grand chose, mais tu vois, j’aime pas sentir que tu me regardes du coin de l’oeil, ralentis pour savoir si je vais à droite ou à gauche, et comme de par hasard, j’ai pas aimé que tu choisisses toi aussi d’aller vers la porte Dauphine. Là tu m’as parlé, sur le quai. J’aime bien laisser le bénéfice du doute et éviter de croire que tous les mecs sont des agresseurs en puissance, alors j’ai fait semblant de t’écouter en enlevant un écouteur que j’ai remis bien vite. Non franchement, je ne pense pas que tu me voulais du mal. Tu bafouillais trop dans ton français mal assuré, et puis j’ai bien vu qu’avec mon regard pas forcement hyper open, t’as pas voulu poussé trop loin la discussion. Sauf qu’à cette heure là la ligne 2 était blindaxe de chez blindée. Et j’ai pas aimé que tu sois dans mon dos. Je pense, sincèrement que tu ne l’aurais pas fait, mais il n’aurait pas fallut que tu t’avises de poser ta main trop près de la mienne sur la bar dégeu du métro, ou même ailleurs. Parce que j’aurais taper mon scandale. Faut pas trop me chercher en ce moment. T’as qu’à voir ce que j’ai dans la playlist qui anime la BO de mon mois de mars.

Il pleuvait. Il parait que c’est le printemps. Mais il pleuvait et ça caillait un peu pour ma tenue pas hyper couvrante. Sauf que « tant pis ». Deux arrêts plus loin, je descendais et finissais le trajet à pieds. La Chapelle – Place de Clichy, j’étais pas complètement rendue. Il y a eu cette flaque d’eau qui m’a pourri mes shoes. Cette pluie relou qui traversait ma capuche et abîmait mon joli sac. Cette file d’attente devant le grand Trianon et La Machine du Moulin Rouge, les trottoirs encombrés, les touristes de Pigalle qui n’avancent pas. Et puis le mec, devant le Tati, qui s’est dit que c’était le bon moment pour me vendre des lunettes de soleil.

J’étais saoulée, j’étais trempée. Mais j’étais dehors et plus confinée dans un métro trop bondé.

Tu me voulais sûrement pas grand chose de plus que juste papoter 2 secondes. Mais tu vois Roger, c’était pas le moment. Et pour la énième fois, une nana, quand elle se sent épiée, ça la fait juste flipper. Ça lui donne pas envie de tailler le bout de gras.

xxx

PS : BTW, un crash du genre incompréhensible en boucle dans les media, ça va, tout va bien… Ma flipaille de l’avion se porte super bien merci !