Mes amies me font faire des trucs pas complètement dans mon ordinaire. Ce titre en est la preuve : à première vu, il ne veut rien dire.

Quelle idée, par exemple, d’aller se balader en Suisse, à Neuchâtel, pour quelques jours de vacances en plein mois de juin ? J’veux dire : c’est moi. Moi, dans les montagnes (je déteste la randonnée), près d’un lac (rien que la méditerranée je la trouve so boring – et les vagues elles sont où ?), au bord de la pleine nature (attends je vais faire une crise d’asthme, l’air n’est pas comme d’habitude), dans un appartement qui fait plus de 3 fois le mien (et quand je tends les bras je ne touche pas les 2 murs ? ça m’oppresse tout ce vide), avec une gamine de moins d’un an (enchantée) dont le papa est allemand (j’ai niveau Papa Shcultz en allemand, autrement dit je ne sais même pas imiter l’accent). Un pays qui non seulement ne prend pas l’Euro, mais en plus n’ajoute pas de tampons sur le passeport. Un pays à l’est, pour moi, une fille de l’ouest. La Chuisse (le sigle sur les plaques d’immatriculation, c’est CH, j’en ai déduit que c’était pour Chuisse*). Neuchâtel. Neuch, pour les intimes.

C’est pour cette même amie qu’aujourd’hui, après près de 10 ans de vie commune avec Paris, j’ai posé pour la première fois les mains sur les milliers de rouleaux de tissus du marché St Pierre. Au pied de la butte Montmartre, mais au pied gauche. J’habite au pied droit. Des étages et des étages de tissus que je dois avouer, j’ai jugés : moches. J’étais dans the place to be de la couture (a peu près l’inverse de ma deuxième maison), je cherchais des micros coupons, des carrés de 20 cm de côtés pour faire une bai jia bei (mes amies me font écrire des mots étranges, ne me demandez pas pour la prononciation), une couverture aux cent voeux si vous préférez, un genre de grand patchwork fait avec les tissus envoyés par la famille et les amis, accompagnés pour chaque coupon d’une petite carte, de quelques mots, d’un souhait. Un exemple valant mieux que trop de blabla, on peut cliquer . C’est la première à laquelle j’ai participé. Depuis j’ai aussi contribué à celle de son petit frère. Et maintenant, la troisième. Y a pas à dire pour ceux qui savent coudre (ou ont des « nouvellement devenus grands-parents » qui savent le faire) le concept est canon. Il a juste fallut environ 2 mois de post-it, notes dans mon agenda et autres rappels pour que je me décide à aller trouver le précieux sésame.

J’ai les coupons (je précise : jolis – j’ai trouvé – cf. la photo : des fleurs et des pois, du rose et du prune = jolis). Reste à écrire les voeux.
Comme l’inspiration, je l’ai appris aussi ces dernières semaines, se joue un peu des dead lines et dates anniversaires, je compte sur ma soirée Amour est dans le pré + copines en messenger pour d’une façon ou d’une autre, trouver l’illumination et écrire un truc qui aurait du sens sans tomber dans le gnan-gnan.

Car on ne va pas se leurrer si je fais TOUS (… tous…) ces efforts, c’est parce que c’est le coeur qui parle. Le même que celui qui me fait regarder d’un coin de l’oeil amusé se développer les instincts maternels autour de moi.

Mes copines de lycée sont toutes mamans (ou en passe de le devenir), y compris celle, donc, qui s’est exilée en Suisse avec son allemand de sweet love il y a 7 ou 8 ans maintenant. J’avais promis à la naissance de la mini puce, de venir avant l’été, ou ses 1 ans au plus tard. 24 juin et bam je suis dans le train, partie pour 5 jours. En direction de l’est. De la Chuisse. Ces quelques jours étaient au top (je fais ainsi tomber le masque du second degrés qui jalonne ce texte). Adélie « Lili » jolie, la mini puce de 8 mois, a finalement réussi  à s’acclimater à mes bras pour me faire 2 embryons de câlins en laissant aller sa mini tête contre mon épaule, le temps de quelques micros secondes suffisantes pour croire que ce n’est pas vraiment un hasard, que c’est un peu fait exprès. Et depuis un mois que je suis de retour à Paris, je me dis quasiment tous les jours : damned, faut que je trouve les coupons de sa bajija-truc de son patchwork. (quelques photos de mon périple – sauf la dernière, je ne sais pas qui c’est – ici)

C’est maintenant chose faite, et au hasard qui n’a rien à voir, j’ai même croisé doc Gynéco sur le chemin retour du marché St Pierre. Quand je pense qu’on me demandait encore ce matin pourquoi je reste à Paris !

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* Trêve de mauvaise foi, la papa d’Adélie parle très bien français, il ne m’a même pas nargué quand les Allemandes nous ont battus en quart de finale alors que j’étais prête à faire la belle 40 minutes plus tôt, et c’est lui qui m’a expliqué que CH, c’était très certainement pour Confédération Helvétique (Haaaaaaaaaaan ! – Illumination dans le regard)