Vendredi matin, je suis allée voir un pneumologue, pour « faire un point sur mon asthme ».

Tout a démarré il y a 2 (3, 4, 5 ?) ans quand j’ai commencé à tousser.

D’abord un peu.

Et puis tout le temps.

Jusqu’à ce que ça me réveille la nuit.

Alors après avoir laissé traîner ça une bonne année, je me suis décidée à aller voir le médecin. Il s’en est fallut de quelques questions routinières pour que nous décidions que je faisais un asthme léger. Nous avons convenu d’un traitement et de refaire le point d’ici quelques mois.
Cahin caha, j’ai pris mon traitement, oubliant négligemment le spray que je devais aspirer et me contentant de quelques comprimés quand l’ordonnance était renouvelée. J’ai senti un mieux, j’ai fait plus attention, jusqu’à ce que ça ne suffise plus, que je me décide à retourner voir le médecin, qui m’a conseillé d’aller voir Yannick, dans le 9ème,

« il est très bien ».

Et voilà comment jeudi soir je passais une radio des poumons « Collez vous contre la plaque mademoiselle… Mais c’est frooooooooooid !! », prémisse obligatoire à la rencontre avec Yannick. Et vendredi matin j’attendais dans une salle d’attente impersonnelle avec parquet, moulures et cheminées (le PMC de m’ssieur Haussmann version pas super bien entretenu), radio dans la main.
Yannick m’a prise presque à l’heure. Disons que j’étais en retard et que je n’ai pas attendu plus de 5 minutes. En entrant dans son bureau j’ai découvert un savant bordel organisé en piles, un rideau orange très moche derrière la porte, une machine chelou dans le coin à droite où j’anticipais à juste titre qu’à un moment ou à un autre de notre entretien j’allais devoir m’asseoir et souffler dans le bidule posé devant le siège.

A peine assise face à son bureau, j’ai voulu commencer mon blabla « en fait je viens vous voir parce que il y a 2 ans (ou 3, 4, 5 ?) je toussais et… ». Ni une ni deux, Yannick m’a mise à l’aise. « Asseyez vous mademoiselle, on va reprendre depuis le départ, depuis l’enfance, mais d’abord, sortez votre carte vitale ».

Depuis l’enfance ? Oh Boy! On n’est pas rendu…

Vous commencez à comprendre, quand il s’agit de gérer ma santé, c’est un peu compliqué. Les médecins m’angoissent, prendre des médicaments ne me semble pas « naturel » pour deux sous (expression de mamie du jour), les ordonnances traînent en général plusieurs jours avant que j’en fasse quelque chose et j’exclus régulièrement certains médicaments de la prescription (sérieux c’est quoi cette manie de me prescrire un complément en vitamine D tous les hivers ?). Alors forcément de devoir décrire ce qui m’a amené à prendre de la Ventoline quand j’étais petite … aucune idée. Quel âge j’avais ? euh… Des allergies ? oui, c’est revenu depuis quelques années. Une période en particulier dans l’année ? alors attendez là on est en février donc bah euh… non, je crois pas. Si je prends des antihistaminiques ? oui, non, en fait ça dépend, en général ça passe tout seul mais des fois non. La dernière fois ? euh bah je sais plus. j’ai eu des « crises » d’éternuements il y a quelques semaines, c’était peut être une allergie. ou pas…

Voilà voilà.
C’est clair ou bien ?
Cette appréciable impression de ne rien maîtriser me concernant.

Trêve de blabla, arrive le moment d’aller souffler dans la machine et de m’asseoir dans une cabine en verre. Je fais des petits exercices de respiration, respiration courte, longue, inspirer à fond, expirer à fond (j’ai l’impression que je vais m’évanouir – carrément !). Après avoir pris une petite bouffée d’un truc aidant à respirer, on refait la même pour voir si ça fait quelque chose.

Résultat des courses : je fais une asthme de niveau 1 (léger), mais installé qui doit se traiter par un traitement de fond. Parce que contre toute attente et malgré les apparences (…) j’ai une grande capacité pulmonaire (113% vs. la moyenne pour ma corpulence), mais je suis à 90% d’utilisation vs. la moyenne…. Du coup c’est du 90 pour 113 en fait. Et après inhalation du bidule pour aider, j’atteins les 105 pour 113. Yeah !
« Vous ne faites pas nécessairement de crise, mais vous avez appris à vivre avec vos limites (comme quoi, j’en suis capable). Parce qu’en réalité vous ne respirez pas à 100%, jamais (JA-MAIS, NE-VER!) »
Hum…. Ah ? Oui !
Sur les courbes ça semble vachement évident.
Je pose tout un tas de questions « et la courbe noire, c’est la moyenne ? et c’est calculé comment ? et ça vient d’où ? et pourquoi ? … » (oui parfois j’ai 4 ans).

Au moment de payer par chèque (yes, j’ai utilisé un chèque!), je pose mon ultime question, celle qui me taraude depuis des années, depuis le jour où on m’a prescrit un truc qui était comme de la Ventoline mais différent : Quand on dit Ventoline on parle de quoi ? De la molécule du médicament, du produit en lui-même, de la marque ?
Alors chers amis lecteurs vous serez ravis d’apprendre que la Ventoline est une marque, la marque du premier médicament contre l’asthme qui s’est vraiment démocratisé, et depuis, par commodité, tous les sprays contre l’asthme sont appelés Ventoline, même s’ils sont d’une autre marque.

La Ventoline, c’est le Sopalin des asthmatiques.

Rien que pour ça, et parce que pour une fois j’ai pas eu l’impression de lâcher une fortune à un spécialiste juste pour 10 minutes bâclées, j’étais contente d’avoir rencontré Yannick.

xxx

PS : les mots clés du jour sont pneumologue, asthme, Ventoline.